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San vou…avec Stevy Mahy et son dernier clip !

Petite pause de douceur et d’émotions, ambiance cocooning hors du temps, avec  cette nouvelle petite merveille, San vou, toujours extraite de l’album de Stevy Mahy – The beautiful side of a kreyol folk trip– le tout, simplement, mais avec style et délicieusement mis en images…

Ne dîtes rien…appréciez !

San Vou 

Autres articles sur Stevy Mahy :

Fame is gone, nouveau single de Stevy Mahy

Nouvelle sensation, Stevy Mahy….Beautiful

Prix Sacem Martinique 2011:les lauréats en videos !

Le palmarès 2011 de la 21è édition des Prix Sacem de la Martinique est tombé, lors de la cérémonie présidée par la chanteuse Jocelyne Béroard, le 09 avril dernier, à l’Atrium de Fort-de-France.

Catégorie musique traditionnelle

Kolo Barst

Tè péyi – Kolo Barst (BIDIM GRÂCE)

Catégorie Modern Jazz/Recherche

Dolor Ravi

San ou – Dolor Ravi (FOYAL BLUES)

Catégorie Musique instrumentale

Gilles Rosine

Yon’a lot – Gilles Rosine (MADIN’EXTENSION)

Kintam – Ronald Tulle (Les Notes de l’âme)

Catégorie Musique spirituelle

José Versol

T’aimer seulement t’aimer – José Versol (Ta douce voix de ANNA TEKO)

Catégorie Reggae dance hall

Kalash et Lieutenant

Pran pié –  Lieutenant et Hervé Barclay (KALASH)

Catégorie Zouk

Gilles Voyer et Tony Chasseur

Lésé mwen di – Tony Chasseur et Gilles Voyer (GILTONY’K)

Catégorie Performance vocale féminine

Goldee

Goldee – Je t’aime mais… (LE MOI DE MAY)

Catégorie Performance vocale masculine

Ralph Thamar

Ralph Thamar – Anfans (PEP’LA de MALAVOI & RALPH THAMAR)

Révélation de l’année :

E.Sy Kennenga

Yonn’-E.sy Kennenga (EK TRIP)

Catégorie auteur

Rosetta Varasse

Rosetta Varasse – La terre m’a donné ( ZIGUINOT)

Catégorie compositeur

Yohann Guglielmetti

Yohann Guglielmetti – Danm Danmié (DANM DANMIE)

Catégorie Clip

Kris Burton

Trêve de bavardage – Chris Burton (INTEMPORELLE d’ORLANE)

Prix spécial Guyane : Henri Placide

Prix spécial Guadeloupe : Guilou

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Koko Barst  – Tè Peyi 

Gilles Rosine –Yonn a lot

Ronald Tulle – 

José Versol (Ana Teko) – T’aimer seulement t’aimer

Kalash feat Lieutenant – Pran Pié

GilTony’K – Lessé mwen di...

Goldee – Je t’aime mais…

E’sy Kennenga – Yonn’ 

Ralph Thamar

Réalisation Chris Burton 

Joel Jaccoulet, le découvreur de talents


Homme de l’ombre, Joel Jaccoulet n’en est pas pour autant homme de paille.

Auteur, compositeur il a écrit pour nombre d’artistes (Jocelyne Béroard, Perle Lama, Willy Salcedo etc), mais c’est comme producteur que le Martiniquais assure le plus. A croire qu’il a l’ouïe fine comme dénicheur de talents, jugez en plutôt, c’est lui le producteur de : Goldee, Stevy Mahy,Inès,Victor O,Mike Ibrahim,E’sy Kanenga…bref, le meilleur crew du moment !

Duos du soleil

Sa carrière débute par deux compilations de choc, les fameux  « Duos du soleil« , dont sont extraits les deux titres phares :

Lombraj en pié mango, duo entre Jocelyne Béroard et Chris Combette sur Duos du soleil

Lova Gyal, duo entre Lord Kossity et Lynnsha sur Duos du soleil 2

B-Caribbean

En 2005 il réapparaît avec la compilation B-Caribbean plus axée, comme son nom l’indique sur les sons de la Caraibe, reggae, dancehall, RnB, pop soul créole avec de jeunes talents :

Le groupe One Day

Bad

J’kif 7girl (featuring Mdee)

Mdee

Je suis pas un rude boy

et bien sûr Goldee, qui chante sur six titres de l’album et dont il produira le 1er album solo en 2009, Le Mois de May.

Egalement en 2009 sort l’album de Victor O, Revolucion karibeana, puis dernièrement en  2010, ceux de Stevy Mahy et de E’sy Kennenga, Ek Trip.

Sûr que Joel Jaccoulet en a encore sous le pied pour continuer de nous surprendre…

Page Facebook

myspace.com/joeljaccoulet

Blog Skyblog

La Revolucion Karibeana de Viktor O

Victor O participera au festival Nuits tropicales de Paris le 04 mars, l’occasion de présenter cet artiste, figure de la nouvelle scène créole.

En 2009, l’auteur compositeur interprète martiniquais Victor O  s’est lancé en solo avec un 1er album Revolución Karibeana, qui balaie ses influences : des mélodies légères teintées de zouk, reggae et soul, parfois à tendance prophétique…

A l’élection de Barack Obama, à la présidence des Etats-Unis , il fait le buzz dans les médias nationaux, pour avoir sorti en 2007 un titre visionnaire,Aboubacar 53%, accompagné d’un clip, sur l’élection en France, d’un premier président noir, avec 53 % des suffrages, soit le même score que faisait, quasiment un an et demi plus tard, Barack Obama !

Avant ce premier album solo, Victor O a donné de la voix dans le reggae electro (Dafaïtagazz), le funk caribéen (Gonaïve), le hip-hop, la variété (collaboration avec Clémentine Célarié). Cette Revolución, c’est donc d’abord la sienne : la redécouverte de son île, de ses sonorités après de longues années passées dans l’Hexagone. Il reprend d’ailleurs à la fin du disque Ma maman m’a dit, d’Eugène Mona, flûtiste et chanteur essentiel de la Martinique, comme un hommage à la richesse culturelle de l’île.

En créole, français et anglais, Victor O dit les choses avec une sensibilité à fleur de mots, sous un calme et une volupté d’apparence.

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victor o feat izé teixeira – soukoué sa (walter wallace remix) 

Tan ja passé

Mi Natty dread

Ma Manman m’a dit -extrait de la compilation Leritaj Mona 

Prophétie de Viktor O – Interview sur LCI 

LE PRESIDENT (aboubacar 53%)

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En écoute sur Deezer :  http://www.deezer.com/fr/music/victor-o/revolucion-karibeana-292375#music/victor-o/revolucion-karibeana-292375

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Site web officielhttp://www.myspace.com/victorospecials

Interview de l’artiste http://martinique.la1ere.fr/infos/culture/musique-victor-o-revolutionnaire-caribeen_4727.html

 

Festival les Nuits tropicales à Paris – ITW Eric Basset

Interview Eric Basset, gérant du label Aztec Musique et co-organisateur des Nuits tropicales avec le Collectifdom


Quel est le concept des nuits tropicales ?

L’idée est de faire un festival des musiques du sud sachant que ça n’existe pas. C’est paradoxal pour une ville comme Paris qui a toujours été une plaque tournante des musiques du sud… On peut considérer, dans le domaine musical, qu’il y a toujours un rapport fort entre les anciennes colonies et les anciennes métropoles Les musiques des îles anglophones passent pas Londres et tout ce qui vient de l’ancienne Afrique française passe par Paris. Et pourtant, à Paris, il n’existe aucune manifestation qui permette de donner un coup de projecteur là-dessus.

Un festival des musiques du Sud, certes… Mais là, votre programmation est surtout caribéenne… Ne manque-t-il pas une dimension africaine ?

Non, parce que nous avons fait un choix. C’est la première édition de ce festival, Nuits tropicales. Elle se fait pendant l’année des Outre-mer français, alors la programmation est essentiellement ultra-marine. Mais l’année prochaine, les Nuits tropicales ne seront pas exclusivement ultramarines.

Le festival fait une belle place à la nouvelle scène créole dont votre société de production, Aztec Musique, est l’un des artisans…

Nous voulons profiter de cet événement pour mettre en valeur ce qui est aujourd’hui en train de régénérer la musique des Antilles. On ne peut parler d’une nouvelle génération d‘artistes mais ces artistes représentent un moment dans l’histoire de la musique. Depuis l’irruption et le succès de Soft, à partir de 2005, une nouvelle voie  s’est ouverte pour des gens qui ont une pratique artistique différente de ce qui se faisait avant, avec plus d’acoustique, plus de contenu dans les textes…

Ces artistes ont fait émerger de nouveaux sons de la Caraïbe et vous, vous avez misé sur ce renouveau ?

Oui, on a joué un rôle mais ça correspond aussi à ce qu’on fait depuis 25 ans. On a toujours défendu les artistes comme Malavoi, Dédé Saint-Prix, Beethova Obas, Chris Combette… Et je trouve que, sans parler de filiation, il y a une proximité dans leur démarche musicale et celle des nouveaux artistes. Nous essayons aussi d’avoir notre propre cohérence !

Ce qui est peut-être moins cohérent, c’est de continuer à produire des disques (plus d’une dizaine par an) dans ce marché sinistré. Comment ça se passe pour Aztec musique ?

La crise a commencé depuis fin 2003. Le marché a perdu 60 ou 70 % de son potentiel. Cette crise touche la musique antillaise comme toutes les autres musiques. Aujourd’hui, les chiffres de vente qu’on fait sur les albums qu’on sort n’ont strictement rien à voir avec ce qu’on faisait il y a dix ans. C’est donc très compliqué et on est obligé de faire attention à toutes les dépenses, que ce soit en production ou en promotion. Mais nous sommes aussi volontaristes parce que, pour l’instant en tout cas, les choix qu’on a faits ne semblent pas mauvais. Les artistes que nous avons produits ont rencontré leur public sur un marché assez dramatique et ils sont plutôt classés du côté des meilleures ventes.

Dans l’Hexagone comme dans les outre-mer ?

C’est plus net aux Antilles et en Guyane qu’à Paris. Soft, Victor O, Stevy Mahy ou E. Sy Kennenga sont parmi les meilleures ventes en Martinique et en Guadeloupe. A Paris, ça se passe bien mais disons que le zouk et le zouk love habituels résistent mieux en métropole qu’aux Antilles. C’est donc vrai que nos artistes ont trouvé leur public et c’est ce qui nous permet de continuer d’exister.

Allez-vous survivre dans cette nouvelle économie numérique ?

On résiste parce que l’on pense qu’à terme les choses vont évoluer et que l’économie numérique va jouer un rôle de plus en plus important. Aujourd’hui, le numérique représente 10 à 12 % de notre chiffre ­– c’est peu et ça ne compense pas du tout les pertes du marché physique – et il n’y a pas de raison que ça ne finisse pas par représenter une part importante du marché de la musique. Ce jour-là, ceux qui auront réussi à développer des artistes et créer du catalogue, seront bien placés.

Dans cette perspective, où se situent dans votre stratégie la scène et un festival comme les Nuits tropicales ?

J’ai commencé à produire des concerts pour Malavoi en 1983, et c’est parce qu’ils n’avaient pas de producteur de disques et qu’il faut un disque pour pouvoir faire des concerts régulièrement qu’on s’y est mis. Aujourd’hui, on essaie de mener de front les deux. On n’est pas organisé pour faire des tournées pour l’instant mais les concerts à Paris, comme on en fait depuis des années, sont indispensables pour mettre en valeur les artistes qu’on produit. La scène est un passage incontournable et le Festival une vitrine de ces musiques qui permet de mettre en valeur les artistes à l’intérieur d’un événement qui dépasse le potentiel de chacun.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

Festival des Nuits tropicales, les 4, 5 et 6 mars à la Villette. Une iniytiative du Collectifdom qui en a confié la réalisation à Aztec Musique


Aztec Musique

Avant que le nom de sa société ne prenne celui d’Aztec musique, Eric Basset a dirigé les labels Blue Silver puis Déclic avec qui il a produit, notamment, Zouk machine en 1990. En 1998, il est racheté par Sony Music qui vire tout le monde au bout de 18 mois. Eric Basset remonte alors Créon Music en 1999. Il continue de produire Malavoi, Edith Lefel, Tanya Saint-Val, Jocelyne Béroard, Beethova Obas, Sonia Dersion, Ti-Vice, Ralph Thamar, Dédé St-Prix, Christiane Valejo, Chris Combette, Jane Fostin, Victor Delver… En 2006 la sortie de l’album de Soft « Kadans a péyi la » lui ouvre les portes de grands média nationaux. Créon est racheté par le groupe audiovisuel Maya (qui choisit le nom Aztec). En 2008, Eric Basset reprend la main sur son label. Depuis il a produit Ti Malo, Eric Cosaque, V-Ro, Orlane, Tabou Kombo,Goldie, James Germain, Stevy Maky, Krys, Rony Théophile ou Kennenga…

Source : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-festival-les-nuits-tropicales-66323813.html

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Lire aussi : Festival des nuits tropicales à Paris

Festival des Nuits tropicales à Paris

Ce premier festival des musiques du sud, organisé par Aztec Musique, se déroulera les 4, 5 et 6 mars prochains, au Zénith et au Trabendo, deux salles du parc de la Villette, à Paris


La programmation, année des Outre-mer français oblige, sera essentiellement consacrée à la musique caribéenne. Une large place sera faite à la découverte des nouvelles tendances de la musique antillaise avec des artistes comme Stevy Mahy, Victor O, E. Sy Kennenga, Soft qui, s’ils ont aujourd’hui un véritable impact auprès de leur public, n’en sont pas moins totalement inconnus du public hexagonal.

Le vendredi soir au Zénith, deux artistes emblématiques de la nouvelle scène créole, Victor O (Martinique) et Soft (Guadeloupe) précèderont sur scène l’une des révélations majeures de l’année en world music africano-espagnole, Buika, qui avait rempli la salle Pleyel début 2009.

A l’issue du concert, à partir de minuit jusqu’à 6 heures, les couche-tard pourront rejoindre le Trabendo où les meilleurs Djs afro-antillais animeront un grand dancefloor tropical.

La soirée du samedi au Zénith sera consacrée à la danse, de 20h à 5 heures. Au programme, biguine et mazurka avec Rony Théophile, un artiste guadeloupéen qui a entrepris de les remettre au goût du jour ; zouk, Rn’B et soul avec Tropical Juke Box qui est un collectif d’artistes très novateur autour de Lynnsha, Neg’ Marrons, Milca et Singuila ;  zouk avec le Zouk all stars, évènement créé pour le festival et qui est constitué de quelques uns des artistes les plus représentatifs du genre : Princess Lover, Jocelyne Labylle, Kim, Warren, V-Ro et d’autres, et enfin kompa avec Ti Kabzy et Carimi.

Parallèlement, le samedi soir, au Trabendo, prendra place une programmation jazz créole de 20 à 23 h 30 autour du big band de Tony Chasseur, Mizikopéyi, qui rassemble la crème des musiciens antillais et du groupe de Thierry Fanfant.

Le dimanche, le Zenith accueille le troubadour réunionnais Davy Sicard et Stevy Mahy. Ce sera aussi le premier concert à Paris des Réunionnais de Groove Lélé qui viennent de remporter les Trophées des Arts Afro Caribéens, ainsi que le premier passage au Zénith de Raoul Paz après son concert à guichet fermé à l’Elysée Montmartre de décembre dernier.

Malavoi fêtera ses 40 ans et invitera tous ceux et celles qui ont participé leur aventure. Enfin, ce sera la création à Paris de Léritaj Mona, spectacle en hommage à Eugène Mona, disparu en 1991, et qui était l’un des très grands de « la musique des Mornes » en Martinique.


La programmation des Nuits tropicales au Zénith de Paris

Vendredi 4 mars de 20 heures à 23 h 30

Victor O (Martinique), Soft (Guadeloupe), Buika (Espagne/Afrique)

Samedi 5 mars de 20 heures à 5 heures

Ti Kabzy (Haïti), E.Sy Kennenga (Martinique), Rony Théophile (Guadeloupe), Tropical Juke Box(Martinique/Guadeloupe), Carimi (Haïti), Zouk all stars, avec (Lynnsha, Neg marrons Singuila, David Denin de Martinique/Guadeloupe/Guyane/Réunion)

Dimanche 6 mars de 16 heures à 22 heures

Malavoi + invités (Martinique)

Raul Paz (Cuba)

Davy Sicard (Réunion)

Leritaj Mona (Martinique)

Stevy Mahy (Guadeloupe)

Groove Lèlè (Réunion)


La programmation des Nuits tropicales au Trabendo

Vendredi 4 mars de minuit à 6 heures

Tropical dance floor

Samedi 5 mars de 20 h 30 à minuit

Mizikopéyi big band

Source : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-festival-les-nuits-tropicales-66324209.html

 

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Lire aussi : Festival les Nuits Tropicales : ITW Eric Basset

Interview Soft : « Combattre pour la culture qui meurt, pour raviver celle qui chancelle »

Source : http://www.mondomix.com/actualite/1087/soft-dossier-contre-culture.htm

Dans le P.M.A., le Paysage Musical Antillais, Soft est une anomalie. Avant la première écoute, le nom de la formation (« Doux » en français) laisse craindre le pire : on imagine un groupe de zouk love bling bling au bord de l’overdose sentimentale, avec clips au bord de la piscine et quincaillerie au poignet. L’écoute de leurs trois albums (« Kadans a peyi-la » en 2005, « Partout étranger » en 2007 et « Konfyans » en 2010) rassure. Certes, leur musique est douce mais elle n’est ni sirupeuse ni simpliste : un saxophone soprano y danse élégamment sur les rythmes ralentis du gwo ka guadeloupéen. Et, surtout, leurs paroles sont d’une sagesse confondante, appelant à un sursaut des Antilles sans jamais se complaire dans le rôle de la victime innocente.

Fred Deshayes, l’empêcheur de zouker en rond, à la fois chanteur du groupe et professeur de droit à Pointe-à-Pitre, répond à nos questions …

La contre-culture est elle pour vous une réalité ?

Si oui, à votre avis, quelles personnalités ou structures pourraient la représenter aujourd’hui en France?

Fred Deshayes : Dès lors que l’on a choisi de tendre vers le beau, vers le risque artistique et non vers le divertissement ordinaire où l’image compte davantage que la musique, on a déjà un pied dans la contre-culture. De plus, le positionnement des paroles est le deuxième aspect de notre démarche, l’amour est loin d’être notre thème principal. Voilà deux aspects qui fait pour nous de la contre-culture une réalité. Bien plus, sur notre « marché » largement dominé par le Zouk et la musique d’inspiration jamaïcaine, nous sommes plutôt dans le « minoritaire » en cherchant à valoriser les rythmes traditionnels sur des arrangements nouveaux.

SOFT – Mami O

Nous évoquons dans notre dossier spécial la revendication de la lenteur, la transmission des outils de communications aux minorités, l’artivisme (performances à la fois artistiques et politiques), la défense des cultures minoritaires d’ici et d’ailleurs, les coopérative de production et de diffusions culturelles, …

Vous reconnaissez-vous dans l’un de ces gestes ou l’une de ces attitudes qui peuvent ressembler à de la contre-culture ?

Fred Deshayes : Le combat pour la culture qui meurt, pour raviver celle qui chancelle, reçoit peu de soutien des diffuseurs qui le font par éclair de militantisme pour la culture ou par hasard. Ramené à la musique antillaise, c’est encore pire en France. Si vous n’êtes pas sur un rythme pop, hip hop, dance hall ou reagge, « c’est de la musique communautaire » ce qui veut simplement dire que c’est réservé aux seuls diffuseurs « communautaires ». Comme si toutes les musiques n’étaient pas « communautaires » ! Quant au message politique, paradoxalement il est plus facilement audible en Europe qu’en Outre-Mer, où les diffuseurs ne veulent surtout pas donner le sentiment de prendre à leur compte une peinture sociale qui pourrait déplaire. Au fond, les motifs de rejet sont légion mais se ramènent tous au manque d’ouverture, à la recherche du public le plus large en oubliant qu’il faut élever à la culture et non abaisser la culture à la hauteur de l’oreille qui n’entend pas.

Dans votre démarche artistique et citoyenne, vous agissez pour (en faveur de) quoi ? Et contre (en réaction à) quoi ?

Fred Deshayes : En faveur de la musique guadeloupéenne, celle qui est née chez nous avant tout. En faveur d’une prise de conscience de la nécessité de s’engager comme citoyen, comme frère, père, pour changer la vie.

Propos recueillis par François Mauger

01/02/2011