Samedi 12 février au soir, la Cigale  était bondée pour fêter les vingt ans de vie artistique et de chansons de Dominik Coco.


Avec Coco, pas de musique sans tradition, sans âme, sans désir et sans public C’est un Dominik Coco, tourbillonnant et en état de grâce qui s’est offert sur la scène de la Cigale, samedi. Pour sa prestation parisienne Dominik Coco s’est entouré de Franck Nicolas à la trompette et aux conques, Dominique Tauliaut aux percussions, Willy Salzedo au clavier, Stevy Langlemoine à la batterie, Eric Delblond à la guitare basse, Ludovic Tinval à la guitare, et pour les voix, Lydia Barlagne et Meemee Nelzy aux chœurs. C’est du beau, c’est du grand et tout est en place pour le swing tropical made in Guadeloupe.

Après Freepon, chargé de chauffer la salle, et que le public commençait déjà à siffler pour réclamer l’artiste tant attendu depuis deux ans sur Paris, voilà Coco avec sa casquette vissée sur la tête… avant, d’un  geste, de libérer ses  tresses sur son cou. Il interprète Cheveux naturels, la fête bat son plein.

Ses invités défilent… Jean-Michel Rotin, Dominik Panol, puis le phénoménal Admiral T, suivi de deux jeunes voix de la scène Guadeloupéenne, Inès Khai, et  le détonnant Fuckly. Et, pour mieux mixer l’ensemble, les danseuses Ghislaine Décimus, Cindy Odin, et, coté masculin, Max Diakok et Ovide Carindo. En final il a donné un vrai son de carnaval avec le  groupe Myo, installé dans la fosse avec les spectateurs. Magistral.

Textes et photos : Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


Il a dit

Dominique Panol

« Un anniversaire, ça se fête entre ami. Dominik coco est un frère depuis le temps qu’on se connaît. Nous avons des bonnes ondes. Je peux même vous faire une confidence, il est déjà invité sur mon concert du New Morning des 9 et 10 avril prochains.  C’est formidable une amitié qui dure. On voudrait faire comprendre à la jeunesse qu’avec un peu d’amour, avec de vraies valeurs, on fait briller les cœurs. C’est tout ce que Coco dit dans sa musique. Nous sommes des militants et c’est ce que nous demandons pour le peuple. »


ITW Dominik Coco

« L’esprit de ma musique, c’est le gwo ka »


D’entrée vous mettez la musique traditionnelle au cœur de votre soirée d’anniversaire. Pourquoi ?

C’est là que tout a commencé pour nous Guadeloupéens. C’est notre musique la plus ancienne, le gwo ka, la  biguine, la mazurka, le quadrille. Le zouk est venu après ; le zouk est une musique contemporaine. La source, c’est le gwo ka et ses différents rythmes. Tout de suite, il était important de planter le décor. Car la base de ma musique, son esprit, c’est le gwo ka. C’est tout ce mélange qui me stimule.

Après une tournée chez vous, en Guadeloupe, vous voila à Paris. Le public est toujours au rendez-vous ?

Mon public se trouve partout et vingt ans, c’est un bel âge, une belle date à fêter. Après toute une tournée en Guadeloupe, j’ai clôturé l’année par une dernière prestation dans ma commune à Sainte-Anne. C’est important de jouer à Paris. Je n’avais pas encore fait la Cigale. Il y a deux ans, j’avais joué au New Morning qui est une petite salle prestigieuse. La Cigale est une autre étape, un challenge. Nous sommes dans un combat où rien n’est acquis. Je constate que le public a répondu présent… On en a besoin, on se nourrit de la vibration du public. Il faut ce soutien populaire car on ne fait pas de la musique que pour soi. Ce qu’on dit, la musique qu’on fait, le message qu’on véhicule, sont d’abord pour le peuple.

Peut-on dire que le public de Dominik Coco (très jeune et féminin dans la salle ce soir) évolue ?

J’ai un public très mélangé, en passant par les jeunes, les quadras… Moi, j’ai déjà quarante ans et durant mes vingt ans de carrière, je retrouve des gens qui ont grandi avec moi et une partie du public plus jeune qui est venue depuis ma chanson, en 1998, « Naturel Poésie ». Il faut savoir que je collabore  énormément avec des jeunes artistes. Il est important d’avoir une certaine fraîcheur dans sa musique. L’éloignement fait que la musique est plus chaude, plus belle.

Comment regardez-vous votre évolution personnelle depuis vos années Volt-Face ?

Je fais du Kako music. Pendant longtemps on avait du mal à me classer. Et Zost, un copain musicien guadeloupéen, est venu me parler de ce mouvement musical, Kako music. C’est un travail axé sur les musiques du pays, les musiques qu’on aime, le zouk, le gwo ka avec toutes les influences de la Caraïbe. Les gens m’ont connu en tant qu’artiste zouk, mais le public m’a soutenu dans mon combat. Dans cette flopée de genres musicaux, c’est bien d’avoir sa petite touche personnelle pour sortir de l’ordinaire. Le groupe Volt-Face était une sorte d’ovni musical en son temps. J’ai grandi dans cet univers et j’aime surprendre mon public. Sur ma dernière compilation, j’ai fait un zouk pour rappeler aux gens l’époque Volt-Face, c’est un un clin d’œil pour répondre à ceux qui disent que je ne fais plus du zouk…

Un clin d’œil seulement ?

C’est avec Volt-Face que tout a commencé. Mais j’ai débuté bien avant, avec le groupe « La cour zaboka ». En 1990, la rencontre avec Georges Décimus a été déterminante. Cela m’a permis d’être connu et reconnu du grand public et surtout, j’ai beaucoup appris les cinq années durant lesquelles j’ai collaboré avec eux. J’ai appris, en termes de réalisation, à mener un projet. J’ai beaucoup appris aussi en côtoyant une bête de scène comme Jeff Joseph et le bouillonnant Dominique Panol. C’était mon université musicale.

Pourquoi un tel choix  parmi vos invités  sur la scène aujourd’hui ?

Il y a Panol qui fait toute la tournée avec moi. C’est l’ancien compositeur de Volt-Face. Après ce sont des invités qui s’imposent. Fuckly et Inès Khai, la chanteuse de Soul Kréol, sont des artistes que j’aime. Rotin est un garçon que j’adore. Pour moi, c’est un artiste Kako car il a su faire ce mélange musical, créer un nouveau style sur lequel tout le monde surfe actuellement. Avec Admiral T, c’est pareil, nous avons collaboré sur l’album KSS. Autour de moi, il y a des artistes que j’aime et que j’apprécie.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Je dirai rendez vous dans vingt ans. Le chemin n’a pas toujours été facile, il y a eu des périodes de grandes difficultés. Mais, j’ai toujours su trouver l’énergie nécessaire. Et ça je le dois au public. Nous sommes sur de petits îlets et nous souffrons de manque de réseaux.

Propos recueillis  par Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)


En images

Admiral T et Dominik Coco

Cindy Odin

Coco et son bâton

Coco et Fuckly

Avec les choristes Lydia et Meemee

Dominique Tauliaut

Eric Delblond

Avec Inès Khaï

Avec Jean-Michel Rotin

Le souffleur Franck Nicolas, à la conque

Ludovic Tinval

Max Diakok

Ovide Carindo

Panol et Coco

Le public de la Cigale

Steevy Langlemoine

Final avec Myo

Source : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-les-20-ans-de-coco-a-la-cigale-67163706.html

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Dominik Coco en Live à la Cigale Samedi 12 fev 2011 

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