Les talents Guadeloupe, nouvelle scene créole, au casino de Paris

Source : http://www.fxgpariscaraibe.com/article-talents-guadeloupe-64637996.html

Durant trois jours et par trois thématiques  la musicalité guadeloupéenne est venue à la conquête de Paris. Vendredi soir, la nouvelle scène créole est venue ouvrir le bal au son des rythmes de la soul, du dance hall et du folk. Les jeunes talents de la musique guadeloupéenne ont donné le coup d’envoi de l’année de l’outre mer en France. Et non des moindres. Dans la salle du Casino de Paris, G’ny, Stevy Mahy et  Erik Pédurand ont survolté un public nombreux pour cette deuxième édition du festival  « Talents Guadeloupe » présenté par Laura Beaudi, toute en beauté.

G’ny a chanté l’amour de son pays et glorifié la femme dans sa sensibilité, ses faiblesses, son mental, sa découverte. Elle  a tenu la salle en haleine pendant plus d’une heure.  Dans un cocktail de musiques urbaines, celle qui a baigné dans le dance-hall avec le phénoménal Admiral T, a offert un savant mélange de tradition et de modernité. A peine le temps de se dégourdir les jambes que déjà la présentatrice de la soirée, Laura Beaudi,  annonçait la suite et, sans même avoir le  temps de finir de prononcer le nom de Stevy Mahy, un tonnerre d’applaudissements a envahi la salle.

Debout dans sa robe couleur du feu., décontractée et volubile, Stevy a l’amour des mots et le sens  du rythme. La chanteuse de kréyol folk éprouve du plaisir en dialoguant avec son public. Une thérapie pour mieux appréhender le stress, selon elle. Et, pour achever une fresque  si bien commencée, le flambeau est transmis à l’explosif Erik Pédurand qui  finit  de chavirer la salle. Le Casino de Paris est en liesse. Le virtuose fait son show et le public est chaud. Vibration émotion, tentations  pulsations. Erik et son public sont dans l’harmonie, dans le mouv’. Ce type est extra, ce n’est plus une révélation, mais  un diamant du son. Seule la musique permet un tel soulèvement. Lui qui a basé  son harmonie sur le son du ka, distille un musique persillée de subtils mélanges au gré des voyages.  Ce vendredi, il y a eu de la joie, de l’émotion, du bonheur, bref de la vie dans les yeux et les cœurs  du public venu pour s’irriguer des mélodies de la nouvelle scène de la Guadeloupe.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


Interview

G’ny, chanteuse guadeloupéenne de 28 ans, venue à la musique à la suite d’un accident. Au départ, elle voulait être danseuse et chorégraphe. Mais cette jeune fille a l’âme d’artiste s’est faite rattraper par la musique. En 2003 elle chante en duo sur l’album Mosaïk Kréyol d’Almiral T, puis elle joue le premier rôle dans la comédie musicale La rue zabym de Pascal Valot, rôle qu’elle tient pendant 4 ans.

« Je suis contente que la progression se passe bien et qu’après le titre « péyi nwen », j’ai pu être invitée sur de belles scènes, telles que les Francofolies de la Rochelle, faire une tournée à Montréal et au Québec avant de me retrouver ici. C’est un bel honneur. J’ai l’occasion de partager ma musique aux gens, de leur faire découvrir mon univers et qu’ils soient plus nombreux à  adhérer à mon nouvel opus quand il sera là. Je peux dire que je suis totalement moi sur scène. Sans convention, je suis dans mon humanité, sans peur d’aller trop loin, ni de m’exprimer et d’être jugé. J’ai juste envie de donner et de partager  ».


Stevy Mahy : Elle était invitée le matin du concert au Fou du roi, l’émission de Stéphane Bern sur France Inter… Pour elle le paradis n’est qu’une question de point de vue.  « Mon public est au rendez-vous, je pense que je suis bénie des Dieux.  A chaque fois, je tombe sur des gens merveilleux qui me donnent une bonne énergie. De voir des gens répondre comme ça, ça me galvanise. Sans eux je ne pourrais pas faire ça. Je suis ravie et je leur rends hommage pour leur chaleur. Moi, je suis créole et ça s’entend dans ma façon de parler, de poser, dans mes mélodies qui sont créoles, ça s’entend aussi dans le choix de la langue parce que je chante en créole. Je chante aussi en anglais parce que je vis dans le Caraïbe. Alors je dis que je chante du kréyol-folk ».


Erik Pédurand : Le chanteur guadeloupéen reconnaît que la jeunesse guadeloupéenne à besoin de père « avec un petit p, un père responsable, un besoin de famille.

« Talents Guadeloupe pour moi, c’est une sorte d’élan. C’est idée qui est lancée. Mais, il y a des talents et il faut les promouvoir. Je pourrai dire que la Guadeloupe c’est moi, et dans mon groupe, il y a la Guadeloupe, la Martinique et différentes nations, dont la Finlande, le Cambodge. Il est absolument impossible pour moi de penser les choses uniquement en termes de musique guadeloupéenne. Je suis guadeloupéen et j’estime que j’ai ma place dans un festival qui s’appelle Talents Guadeloupe. Mais pour moi, notre musique est internationale. Elle a un avenir dans le monde entier, aux Etats-Unis où les gens ont la dynamique du mélange et dans toute la Caraïbe ou cette dynamique existe.  Notre musique  a un avenir et un rayonnement international et moi  mon avenir, je le conçois de cette manière. Je veux pouvoir chanter à New York, aux Antilles, au Canada, en France, au Venezuela avec des personnes qui se reconnaissent dans la musique que je fais et pas spécialement qui va s’adapter à une pulsion qui selon moi ne permet pas le changement. »

Propos recueilli par Alfred Jocksan (agence de Presse GHM)


Les images du concert (photos Alfred Jocksan)

G’ny à droite, Yann Negrit à gauche

Stevy Mahy et sa choriste au premier plan

Erik et Manuel à la guitare

G’ny

Erik transporte le public

Le quatuor de Pragues qui a accompagné Stevy

Les choristes Caroline et Nayombé

Maëva à la guitare

Erik et Caroline

Stevy Mahy

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