Jusqu’à la fin des années 80, les chants de Noël étaient laissés à la sphère privée, chacun organisant ou improvisant « à la bonne franquette », une soirée « Chanté Nwel » avec sa famille et ses amis.

Apparition  de meddleys et compilations dans les années 90

Il y avait bien quelques disques de Loulou Boislaville, mais il s’agissait de  musique folklorique.

Le groupe Kassav’ sous l’appellation Soukoué Kow sort en pionnier 2 excellents albums (Noel aux Antilles (1&2) qui reprennent tout en la modernisant la tradition. Puis il y eu en 1991, Multikolor (sous la houlette de Ronald Rubinel)avec l’album Kantik Noel (Couleurs Music) et depuis la mi-1990, une kyrielle d’albums spécialisés, de facture diverse, sont apparus .

Car l’opération s’avère juteuse, les antillais étant très festifs. Très souvent, ces albums proposent des musiques de Noel en même temps que le Carnaval, deux périodes phares de la culture antillaise, qui se chevauchent.

Nouveaux textes, nouveaux rythmes

Si avant, les artistes respectaient la tradition et reprenaient les cantiques de Noel sur les rythmes traditionnels de biguine, mazurkas etc, ceux d’aujourd’hui proposent leurs propres  compositions, pas toujours inspirées, ni très « catholiques », en majorité sur des airs de zouk ou vidé de carnaval, ce qui n’a plus rien à voir à mes yeux et banalisent ce moment pourtant particulier de l’année.

Groupes éphémères spécialisés

Parallèlement à la production discographique, de nombreux groupes se sont spécialisés dans ce domaine et n’ont pour existence que la période de décembre. Ils ont pour nom, Mazincoin, Ravine Plate, Bakwa Noel ou Kasika&Benzo. Issu de la musique folklorique, du zouk, de chorales de quartier ou de clans familiaux, ces groupes se produisent dans les fêtes de quartier, autant que dans des soirées privées ou grands concerts organisés par les radios, associations ou principaux promoteurs.

Il semble que le phénomène des Chanté Nwel soit plus vivace en Martinique (nombreux groupes et disques) qu’en Guadeloupe, où seul le groupe Kasika &Benzo truste sans relâche sur les périodes de Nöel et de Carnaval.

Soirées payantes

Le grand changement qu’apportent ces Chanté Nwel d’un genre nouveau, réside par le fait qu’ils sont souvent payants, au même prix parfois qu’un « vrai » concert ou que le prix d’une soirée. Plus rien à voir donc avec  l’esprit convivial et de partage de la tradition. Certes, le prix inclut parfois une collation traditionnelle (quelques pâtés, accras, boudins…) mais tout de même ! Heureusement le Chanté Nwel traditionnel et gratuit conserve malgré tout, quelques irréductibles qui le défendent farouchement tant bien que mal.

A Paris et en Province aussi

Quant à l’Hexagone, il n’est pas en reste. Le tissu associatif  dans le milieu Antillais d’Ile de France ou de province étant très dense, les Chanté Nwel ont toujours existé et sont nombreux, représentant le  lien culturel, gastronomique et religieux qui rattache à la terre d’origine. Toutefois, depuis les années 2000, on assiste à une très grande popularité du genre.

L’un des plus populaires, celui de la chaine de TV, France Ô qui de ses locaux est passée à une grande salle de concert, l’Elysée Montmartre, à Paris et va renouveler l’exploit dans la même salle cette année.

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