From December 1st to 24th, it is a tradition in the FWI  to spend every night  singing christmas hymns, listening to tales, eating and drinking among family members, friends and neighbours. People would go from houses to houses, improvising parties and playing music with whatever they have under their hands glasses, forks, drums ….

It is called "Chanté Nwel" or "Chanté Nöel".

This tradition which is one of the main events (on these islands and in hexagonal France) is caracteristic of the creole culture made of syncretism  : The songs are  traditional medieval European (latin and french) christmas songs that have been creolized by the African slaves, that brought their own rythms and added some  lyrics in creole language.

Today many bands have made of this event a professional act, perform on big stages and release CDs but the improvised family party still survives…

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Les chanté nwel, ces soirées où l’on se retrouve pour chanter les cantiques de Noël, boire, manger les plats traditionnels sont l’un des temps forts de la tradition aux Antilles Françaises, qui débutent dès le 1er décembre  jusqu’au jour dit de Noël.

Une origine européenne, médiévale, profane et sacrée

Les cultures des Amériques  pour beaucoup étant le fruit d’un syncrétisme, l’origine des chants de Noël prend ses racines en Europe.

Les premiers chants de Noël datent du Ve s. et sont des chants liturgiques ou des cantiques composés en latin. Ils ont ensuite été traduits en langue vernaculaire, avant de passer dans la culture populaire. Mais la période de Noël a toujours été en Occident également une fête religieuse, empreinte de paganisme. En effet, ce moment correspond au solstice d’hiver et de tous temps ont existé, des festivités liées à la fin des jours obscurs et à l’arrivée de la lumière, dont les fêtes de la fertilité en Provence.

Ces cantiques ont pour but d’inciter au recueillement, à la joie, de délivrer un message d’amour et d’espérance, de réconciliation. Ils contribuent à magnifier la nativité avec la mise en scène de la crèche.

Esclavage et catholicisme

L’arrivée de ces chants aux Antilles Françaises est due au fait que dès 1627, Richelieu décide que la colonisation française doit être exclusivement catholique et avoir pour but l’expansion missionnaire. Les jésuites instruisent les esclaves, leur apprennent à jouer de certains instruments de musique, forment des choristes parmi les esclaves et ils les font chanter dans leurs paroisses les messes parisiennes. Toutefois, la pratique du tambour ainsi que des croyances religieuses africaines sont interdites, bien qu’en cachette pratiqués par les esclaves avec les moyens du bord.

Créolisation et nouvelles traditions

S’en suit une créolisation de ces chants, avec l’addition de couplets en créole, souvent improvisés et parfois très « crus », de nouveaux rythmes (gwo Ka, bèlè, biguines, mazurkas,  ou valses créoles, accompagnés des Ti-Bois, tambours et claquements des mains) et l’insertion de nouvelles pratiques.

En effet, la période de Noël est contemporaine des fêtes de la fécondité de certaines religions africaines importées par les esclaves. Ces derniers ajoutent progressivement leurs propres symboles et codes culturels aux chants de Noël.

Roger Bastide relate dans son livre « les Amériques noires, au temps de l’esclavage » : « une autre fête privative des Blancs, était celle des Pastorales, que l’on retrouve dans toute l’Europe méditerranéenne et qui se jouaient entre la Noël et l’Epiphanie –elle mettait au prises des jeunes filles de la meilleure société, divisées en deux « cordons », rouge et bleu, et qui entremêlaient leurs chants de bergères se rendant à Bethléem pour adorer l’enfant Jésus, de petites saynètes en vers chantés… A l’Epiphanie, on brûlait les crèches et, tandis que s’achevait ainsi la fête des Blancs, les Noirs avaient l’autorisation de s’amuser à leur tour, pour fêter saint Balthazar, le roi de leur couleur, en allant de maison en maison ou de ferme en ferme chantant, dansant et demandant de l’argent, ou des vivres… »

Cette tradition de déplacement de maison en maison, a longtemps perduré, notamment dans les campagnes, mais elle a évolué. Aujourd’hui, plutôt que de visiter les voisins, on se regroupe en famille et en amis ou alors on assiste à des concerts de groupes formés uniquement pour l’occasion, gratuits ou payants.

Protocole des chanté nwel

Jadis, c’est l’Eglise qui autorisait de manière implicite le démarrage des cantiques de Noël, avec le chant « Venez divin Messie » au cours de la messe du premier dimanche de l’avent.

Les instruments étaient introduits seulement à la fin de la période de pénitence que constitue l’avent, donc à la nuit de Noël.

Sur la quarantaine de cantiques de Noël, Cinq concernent l’Avent, un est destiné à la veille de la nuit de Noël, cinq sont réservés à la nuit de Noël et les vingt sept autres pour le jour de Noël.  Mais cette chronologie n’est plus respectée.

Le soir de Noël, on continue le chant des cantiques jusqu’à la messe de minuit. Après la messe, on se déplace de maison en maison, pour chanter, manger-boire et entendre des contes, chacun ramenant qui une boisson, qui un mets constituant le fameux repas traditionnel antillais.

 

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Pour en savoir plus sur les traditions de Noël aux Antilles :

Le portail culturel guadeloupéen, Lameca : La tradition des chants de Noël en Guadeloupe

ou le très intéressant site sur les traditions antillaises, antanlontan : Noël